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vendredi 1 juin 2018

AFFAIRE DES GRAVIERS du CD82 : DU SABLE DANS LES ROUAGES


Une nouvelle affaire en Tarn-et-Garonne ! Judiciaire ou politique ? Le moins que l'on puisse dire, c'est que le traitement médiatique de l'évènement ainsi que les réactions officielles de l'intéressé méritent d'être observés de plus près. 



Dépêche du Midi

En effet, des informations contradictoires sont transmises au lecteur par les deux principaux médias qui relatent l’événement. L'un, la Dépêche du Midi (DDM), journal de M. Baylet*, décrit les faits avec une certaine précision, faits débouchant sur une "garde à vue" de 6 heures. Garde à vue réaffirmée par le quotidien dans ses "indiscrétions" du 27 mai 2018. Le journal fait état d'une "infraction à la règlementation des marchés publics".
Source : article Dépeche du Midi


Blog France 3 Occitanie

Le second, France 3, plutôt hostile au patron de la DDM**, infirme la "garde à vue" et parle d'une simple "audition" (faisant suite, "selon M. Astruc", à une plainte de M. Baylet) tout en ne donnant qu'une relation succincte des événements ayant conduit le président du Conseil départemental dans les locaux du SRPJ de Toulouse, l'article se terminant par ces mots d'un proche : "Le dossier est vide".
Source : article France 3 Occitanie

Le lecteur lambda est donc écartelé entre une présentation qui met en exergue la gravité de la situation et une autre qui tend au contraire à la minimiser. Certes, chaque camp peut ainsi choisir "sa" version politique de "l'information". Mais où est la vérité ? 

Ce que le citoyen pourra constater, c'est que 1/ le président Astruc n'a toujours pas contesté la version de la DDM, celle de la garde à vue pour "infraction à la règlementation des marchés publics" et 2/ ne produit au public aucune pièce ou élément étayant sa propre version : ses ennuis judiciaires résultant d'une plainte de Jean-Michel Baylet. Soit son principal adversaire politique. A noter que la DDM ne dément pas non plus cette plainte.  

En revanche, M. Astruc a fourni aux enquêteurs du SRPJ une "note" disculpante d'un éminent juriste, Pierre Delvolvé, membre de l'Académie des Sciences morales et politiques, natif de Malause (82). Un certificat de bonne conduite en quelque sorte (dont la portée est toute symbolique). Ce qui n'empêche pas le président d'écorcher, à plusieurs reprises, le nom du fameux professeur qu'il orthographie Devolve dans Twitter et Dévolvé dans le Petit Journal et Facebook.

Enfin, on notera que son "entourage" est plutôt mal informé puisqu'il déclare à France 3 que M. Astruc peut se flatter d'avoir réalisé une économie de 80 000 € : " Le marché était évalué à 140 000 euros et il a finalement été attribué à 60 000 euros. Le contribuable a économisé 80 000 euros". Sauf que, dans le Petit Journal du lendemain, M. Astruc parlera de 90 000 €. 10 000 € d'économies supplémentaires dans la nuit ? 


Petit Journal du 26 mai 2018


Autrement dit, au caractère -relativement- précis de l'article de la DDM, M. Astruc répond par le silence (concernant la garde à vue), la politique (concernant l'origine de l'affaire) et l'imprécision (quant aux "détails" techniques). 

Bien entendu, toutes ces approximations déclaratives (ou diversions de bon aloi) ne démontrent nullement que M. Astruc soit à un titre ou un autre coupable de quelque infraction que ce soit. Il est toujours difficile, lorsque l'on a la réputation d'agir pour le bien commun, de se retrouver en position inconfortable dans les manchettes des journaux.  

Mais il est incontestable qu'on ne s'extrait pas d'une zone d'ombre en étant soi-même obscur. Le président Astruc ne peut l'ignorer, être présenté comme un coupable potentiel (i.e un suspect) si tel n'est pas le cas, n'est pas une situation qu'un élu de haut rang peut laisser prospérer sans dommage. 

Certes, on ne reprochera pas à M. Astruc de porter sa défense sur le terrain politique. C'est de bonne guerre et l'homme politique qui n'a pas usé de cette ficelle victimaire est autorisé à lui lancer la première poignée de granulats. Mais n'est-ce pas injurier le travail des services de police que, par ailleurs, tous les politiciens félicitent à longueur d'année pour leur action courageuse et difficile ? 

D'ailleurs, l'idée de placer Jean-Michel Baylet au centre de l'affaire des graviers n'a pas été aussi spontanée que ça. En témoignent ces deux publications Twitter de M. Astruc, distantes de quelques heures et rendues publiques le 24 mai. La première ne mentionne pas "l'intervention" de M. Baylet, la seconde si. En ligne aujourd'hui, seule la version Baylet est disponible. Surchauffe dans la cellule de crise ? 





Bref. Il résulte de ces péripéties que, sans même être entré dans le corps du dossier, le lecteur-électeur ordinaire ne sait plus à quel saint se vouer. Garde à vue, audition, audition libre ? Plainte ou pas plainte ? Economies ou infraction ? 80 ou 90 000 € ? Dévolvé ou Delvolvé ? Baylet ou pas ? 

L'avenir le dira mais il ne serait pas mal non plus que le président Astruc s'en occupe lui-même...


*La Dépêche du Midi est le journal de Jean-Michel Baylet, un journal d'opinion donc, et il n'est pas surprenant que Christian Astruc, son adversaire politique, y soit malmené. 

**Le blog de France 3 Occitanie (Laurent Dubois) ne fait pas grand mystère de son antipathie à l'égard de Jean-Michel Baylet. Cette propension s'est notamment manifestée lors des législatives 2017, où l'adversaire frontiste de Sylvia Pinel, Romain Lopez, a été invité à de très nombreuses reprises sur le plateau de France 3 Occitanie et présenté comme le candidat d'avenir du FN dans la région, sans que jamais ses déclarations ou sympathies judéophobes (qui ont pourtant défrayé la chronique) ne soient portées à la connaissance du public lors des émissions (voir notre billet de l'époque).  


    

jeudi 24 mai 2018

FN82 : THIERRY VIALLON LE SEIGNEUR DES ANONS


Après des années de langueur monotone, Thierry Viallon a enfin recouvré son sens de l'amalgame et remis la main sur ses formulaires de suspension ! Dans un tweet dévastateur, il dénonce Franck Buhler, qualifié de "Gollum" (une créature rampante et à sale trogne du Seigneur des Anneaux), comme l'auteur "masqué" de propos explosifs à l'encontre de Romain Lopez, ce que le mis en cause dément (voir plus bas).  




Qu'importe, Thierry Viallon a été le maître du Gollum pendant des années, qui se jetait au nom du FN82 et les quenottes affûtées sur tous les adversaires politiques (ou simples contradicteurs) de la fédération départementale (dont il était jusqu'à une date très récente membre éminent du Bureau - voir photo) avec la discrète bénédiction de son patron. 


Bureau du FN avec F. Buhler

                         
C'est ainsi qu'entre autres prouesses flamboyantes, le susdit Buhler, dans l'exercice plein et entier de ses fonctions, avait exigé la fermeture de notre site Politic Circus sous peine de... destructionCe "communiqué" ahurissant, reproduit par la Dépêche du Midi, n'a jamais été récusé ni démenti par le FN82 de M. Viallon et pour cause : le Gollum y exprimait à l'époque la volonté du parti local, amoureux transi de la liberté de parole -sauf de celle d'autrui...







Mais ce que nous apprend surtout le tweet de Thierry Viallon, c'est que son amalgamomètre est à sensibilité très variable : les "amalgames" de Romain Lopez concernant les Juifs semblent beaucoup moins amalgamants que ceux attribués à Franck Buhler. Il faut donc conclure qu'abonder les propos de l'antisémite Alain Soral et obtenir son soutien lors des élections législatives 2017 n'est pas de nature à froisser les valeurs ou la morale à fleur de peau de M. Viallon...







mardi 22 mai 2018

VALERIE RABAULT ET LE VOILE : REVIENS, OLYMPE !


Valérie Rabault (VR), députée du TG, que l'on croyait inflexible sur le droit des femmes à la dignité et à l'égalité, a choisi de ne rien penser (et surtout de ne rien dire) du cas de la présidente voilée de l'UNEF (Université Paris IV), syndicat étudiant très proche du PS




Interrogée par CNEWS (voir vidéo ici) sur la "fonction politique du voile", la patronne des socialistes à l'Assemblée Nationale, passablement gênée aux entournures, a répondu qu'elle ne voyait là rien d'illégal. Certes, mais ce n'est ni le problème, ni la question (et encore moins la solution...). 




Se dissimuler derrière la loi, c'est en effet la négation de la politique ou... le Mont-Blanc de l'hypocrisie. Car si l'on suit Mme Rabault, il serait impossible d'avoir une opinion sur un fait tranché par la loi. Imagine-t-on le socialiste Robert Badinter faire une réponse de ce triste accabit au sujet, par exemple, de la peine de mort ? Ou Simone Veil brandir le texte qui prohibait l'avortement comme limite à sa réflexion et à ses convictions ? 

La conséquence de cette doctrine affligeante est entière dans la question : pourquoi élire Mme Rabault à l'Assemblée nationale si elle se contente, comme femme politique, d'acquiescer benoîtement aux textes en vigueur ? 

Sommée de répondre vraiment à la question par ses voisins de plateau, elle a préféré accabler Mme Schiappa (secrétaire d'Etat à l'égalité entre les hommes et les femmes), lui laissant la responsabilité de changer la loi si elle le souhaitait. C'est bien qu'elle, VR, n'entend pas entreprendre quoi que ce soit pour la modifier, pas même mentalement...

Mme Rabault se revendique pourtant de l'héritage d'Olympe de Gouges, la très courageuse montalbanaise, ancêtre des féministes, qui a osé défier le sinistre Robespierre, les yeux dans les yeux. Force est de le constater : Gouges et Rabault ne sont pas du même bois, si l'on ose dire !



La députée socialiste affirme également, non sans quelque emphase, "avoir pour boussole le duo République-laïcité". Eh bien ! Sa boussole républicaine, parasitée par des ondes mystérieuses, a visiblement perdu le nord laïque...


vendredi 27 avril 2018

FN82 : LES LOPEZERIES DU MOIS (avril 2018)


Afin de démontrer urbi et orbi que tout va pour le mieux entre les deux co-patrons du FN82, Romain Lopez et Thierry Viallon se sont précipités main dans la main à Radio Asso 82, quelques jours après une indiscrétion de la Dépêche du Midi relatant une violente dispute lors d'une réunion du bureau politique. Selon eux, la Dépêche du Midi a inventé cet épisode de toutes pièces pour nuire à la réputation du FN82 (sic). La preuve que cette rixe verbale n'a pas eu lieu en avril 2018 ? Mais Lopez et Viallon sont formels : ils se sont rendus ensemble au congrès de Lille ! en mars !  



LES SOURCES DU MAL 

Comme toujours, le discours de Lopez est constellé de contradictions aussi discrètes que des buildings staliniens. Après s'être plaint amèrement de ce journalisme indigne et "sans aucune source", Romain Lopez explique à l'animateur la raison principale (selon lui) de sa défaite à l'élection législative, en commençant par ces mots : "Je vous tairai mes sources "...


SCOOP : DEBOUT LA FRANCE NE VOTE PAS PRG

Selon Romain Lopez, la victoire de Sylvia Pinel n'a d'ailleurs tenu qu'à un fil puisque Jean-Michel Baylet, malgré son "artillerie lourde" et de mystérieuses "subventions" reçues par "certains maires" entre "les deux tours de la législative" (resic), n'a pas réussi à dresser contre lui un "front républicain". Et de jeter : "Debout la France n'a pas appelé à voter Mme Pinel !". Avouant ainsi (à l'insu de lui-même) qu'il n'a pas obtenu le soutien des amis de Dupont-Aignant. Evidemment, si Lopez, ardent propagandiste de l'union des droites, avait dit : "Debout la France, allié enthousiaste et officiel du FN, n'a pas appelé à voter pour moi, candidat du FN parce que j'ai une réputation sulfureuse", cela aurait eu une autre gueule ! Une gueule un peu cassée certes mais la gueule de la vérité assurément... 


CONGRES FN : UNE DEFAITE HONORABLE DE PLUS... 

Après avoir clamé partout que le FN était le premier parti du Tarn-et-Garonne et avait réalisé les meilleurs résultats de la région, voilà que M. Lopez, foudroyé par la modestie, nous murmure à l'oreille que, s'il n'a pas été élu au Conseil national du Front, c'est parce que le département est une "petite" fédération et que les militants ont privilégié les "grosses", ainsi que les "vedettes" du parti. On découvre pourtant parmi les 120 nouveaux conseillers d'illustres inconnus élus dans des contrées improbables. Et eux n'ont jamais eu l'insigne honneur de faire chauffer la carte bleue de Marion Maréchal-Le Pen (vidéo ici à 21:32) ni de voir débouler la star blonde au fond de leur campagne...

2020 : "UNE GARNISON D’ ÉLUS PATRIOTES"

Concernant le futur électoral, Lopez sonne la charge : "Nous aurons des élus en 2020 qui constitueront la garnison d'élus patriotes". Diantre, une garnison d'élus ! Que voilà une perspective rafraîchissante, bucolique mariage de l'isoloir et de la botte cloutée. Parmi les villes où M. Lopez compte édifier ses casernements représentatifs, Beaumont-de-Lomagne est la cible prioritaire : "Nous envisageons une alternative FN à Beaumont-de-Lomagne". Par bombardement électoral ou siège du bourg ? 

OUVERTURE A DROITE 

Entendre Romain Lopez et Thierry Viallon, tous deux employés du Front et de fait intraitables douaniers du parti gagne-pain (ils viennent de suspendre un énième transfuge de la droite LR non sans avoir largement usé de ses "services") appeler à l'ouverture du FN, c'est à peu près aussi convaincant qu'une lionne implorant d'allaiter un bébé gazelle.

CHASSEZ LE NATUREL

Enfin, Romain Lopez, qui ne parvient pas à dompter ses démons, tire le bouquet final : en expert, il inflige une leçon cinglante aux étudiants "bloqueurs" de Toulouse, auteurs -selon lui- de tags antisémites et pro-palestiniens : "des choses qui n'ont rien à voir avec la vie des universités". Un tag antisémite, ça peut s'entendre mais faut pas le mettre n'importe où, les gars ! Faut pas saloper les murs ! C'est sérieux, m'enfin ! 

Eh oui.

lundi 23 avril 2018

PS82 : VALERIE RABAULT ET LE DERNIER BASTION SOCIALISTE DU TARN-ET-GARONNE


Les Socialistes traversent au plan national une crise de haute intensité (6% aux présidentielles !). Pillés largement par Macron d'un côté et par Mélenchon de l'autre, le Parti Socialiste cherche aujourd'hui un second (!?) souffle. 

Le PS82 n'échappe évidemment pas au marasme, une réalité malicieusement pointée par la DDM : l'élection récente du secrétaire fédéral 82 a été marquée par une très faible participation, 147 votants selon le quotidien, qui n'a pas manqué l'occasion de rappeler aux socialistes qu'ils ne sont pas les véritables patrons de la gauche du département. Par ailleurs, certaines dissidences ont été très remarquées lors des dernières législatives, notamment celles des responsables de sections Gérard Vallès (Moissac) et Thierry Hamelin (Lafrançaise) passés dans le camp Macron...

RENAISSANCE, RECONQUÊTE OU RÉSISTANCE ?

Mais, grâce à la victoire de Valérie Rabault (VR) aux législatives 2017, le parti a pu localement sauver les meubles. Toutefois, contrairement aux apparences presque flatteuses (55% contre 45), VR ne doit son second mandat de député(e) qu'à l'activisme forcené anti-Mardegan de Brigitte Barèges, laquelle, si elle n'a plus les moyens d'imposer sa loi politique (son protégé Deville plafonne à 16%), reste une force de nuisance redoutable pour ses anciens protégés. Pour la petite histoire, VR a remporté ces élections avec un nombre de voix inférieur à celui de la candidate battue (Brigitte Barèges) en 2012, perdant presque 10 000 voix en cinq ans. 





Quelle stratégie pour le PS 82 ? Certes Valérie Rabault, forte de sa nouvelle position à l'Assemblée, va disposer d'une visibilité médiatique de premier plan, dont les élus socialistes locaux espèrent bien profiter. Dans la foulée, les nouveaux secrétaires fédéraux (Dominique Sardeing-Rodriguez (DSR) et Olivier Fournet) affirment qu'ils vont "labourer le terrain" et offrir aux militants et candidats une "boîte à outils", formule déjà utilisée par François Hollande en 2013 avec le succès que l'on sait. 

LA PRIORITÉ ? MONTECH !

Plus prosaïquement, la priorité, lorsqu'on est en si mauvaise posture, c'est de ne pas perdre ses dernières places fortes. Et le vrai bastion PS, c'est Montech, cinquième ville du Tarn-et-Garonne : un maire socialiste, une conseillère départementale, plusieurs adjoints encartés. On ne s'étonnera donc pas que Valérie Rabault prépare la défense de la (fragile) forteresse PS, endettée à des hauteurs pharaoniques. Pour preuve, le recrutement comme collaboratrice parlementaire de DSR, élue du canton, ancienne employée et ex-suppléante de M. Moignard. Montech sera bien sur le spot socialiste en 2020...





Mais le pénurie d'électeurs ne sera pas le seul obstacle à surmonter. La co-gestion PS/PRG du canton de Montech (DSR/Weill), de la communauté de communes Grand Sud (Nègre/Moignard) et à un moindre degré de la ville de Montech, survivra-t-elle à l'opposition frontale du PS, incarnée par Valérie Rabault, au gouvernement Macron ? 





Car, si l'on a bien compris les événements électoraux de juin 2017, Valérie Rabault était opposée à M.Mardegan, candidat de Macron, tandis que Sylvia Pinel, dans l'autre circonscription, se réclamait du soutien du président de la République. Et dans le laps de temps, les radicaux, de gauche et Valoisiens, se sont réunifiés sous l'appellation RLS... 

UNE AFFAIRE DE FAMILLE ?

On notera (avec un petit sourire) que la responsable En Marche 82 se nomme Arakélian, tout comme l'ancienne conseillère régionale PS et actuelle adjointe de M. Moignard à Montech, ce qui pourrait éviter -fort à propos- aux élus socialistes locaux une torride concurrence du parti présidentiel lors des prochaines municipales. 

Une chose est sure : il y aura du sport !