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jeudi 8 février 2018

MME SARDEING-RODRIGUEZ NOUS ECRIT : POLITIQUE, ÉOLIENNES, MENSONGES...


Madame Sardeing-Rodriguez, conseillère départementale PS du canton de Montech, nous écrit. Piquée au vif par notre billet du 17 janvier, elle se fait fort de nous démontrer que ce que tout le monde peut voir ou savoir n'a aucun rapport avec la réalité. De fait, sa contre-attaque est un modèle de rideau de fumée politicien (au pire sens du terme) qui prend évidemment toutes les libertés avec la vérité. 

En noir, la réponse (scindée en paragraphes) de Mme Sardeing-Rodriguez. En bleu, les réactions de Politic Circus.

"Je pourrai commencer par expliquer que "je ne vis pas de la politique", je vivais avant et je vivrais après bien heureusement. Je suis fonctionnaire, titulaire du concours d'attachée territorial qui permet donc de travailler dans des collectivités locales. J'ai également un mandat de conseillère départementale avec une indemnité de 1 300 euros par mois (certains vivent avec moins j'en conviens aisément)..."

Vous pourriez surtout commencer par ne pas omettre de mentionner que, en sus des activités que vous citez et qui suffiraient à remplir la vie d'une personne ordinaire, vous êtes également collaboratrice parlementaire (rétribuée donc) de la députée socialiste Valérie Rabault. Un poste hautement politique dans votre cas, puisque vous êtes élues toutes deux en Tarn-et-Garonne et appartenez à la même fédération PS...

"Concernant mon mandat d'élu, j'ai effectivement succédé à Jacques Moignard qui touché par le cumul des mandats (député, maire, conseiller départemental) a choisi de laisser ce dernier à la remplaçante que j'étais. J'ai ensuite été élue directement par les habitants du canton de Montech en binôme avec Michel Weill.

A lire votre phrase, on pourrait penser que M. Moignard, votre (ex)employeur à la mairie de Montech, a "choisi" de vous laisser son siège au Conseil départemental. Or M. Moignard a choisi de conserver son mandat de maire et bien sur celui de député. A partir de là, en tant que remplaçante et par la force de la loi, c'est à vous que son mandat de conseiller revenait. 

"Quant au projet éolien, il est porté par Valorem à sa seule initiative. C'est d'ailleurs ce qui me gène dans le dossier d'enquête publique que je vous invite à lire (volumineux) c'est qu'il est dit que c'est en accord avec les élus... les conseils municipaux n'ont été sollicités que pour un avis sur une étude de vent... ce qui est loin d'être un accord sur le projet."

Ici, l'affaire se corse. Foin d'omission volontaire ou de petite astuce sémantique, vous êtes contrainte pour venir en aide à votre ami Moignard de vous livrer au mensonge éhonté. En effet, chaque citoyen peut facilement vérifier que la Communauté de communes présidée par M. Moignard a ouvert grand ses portes à la société de promotion éolienne Valorem, organisant dès 2012 (au siège de la CC) des réunions de présentation, plus tard un audit (2013) et jusqu'en 2016, où l'avancement du projet Valorem a été présenté devant le Conseil communautaire. Conséquence de cette validation implicite, les conseils municipaux concernés n'ont pas été sollicités, comme vous le soutenez de mauvaise foi, pour un inoffensif "avis sur une étude de vent" mais pour se prononcer sur "un projet éolien" mené par Valorem. Oops ! L'objet des délibérations ne souffre d'ailleurs aucune discussion : 

  • Montech :       "Projet éolien sur la commune de Montech"
  • Montbartier :  "Etude pour la réalisation d'un projet éolien"
  • Finhan :          "Projet étude parc éolien"

Par ailleurs, pour couronner l'ensemble, le conseil municipal de Montech (présidé par M. Moignard) a mandaté dans la dite-délibération la Communauté de communes Garonne-et-Canal (présidée par... M. Moignard) "pour suivre le projet de production éolienne". 

Il est difficile d'imaginer que la conseillère départementale du canton de Montech (doublée de l'attachée territoriale de Montech) que vous êtes n'a pas pris connaissance de ces délibérations, présentes dans le dossier Valorem dont, par dessus le marché, vous nous recommandez la lecture ! 

La vérité, c'est que vous ne reculez devant rien pour escamoter le rôle d'initiateur de M. Moignard dans le projet Valorem. 


"Quant au projet lui-même je maintiens que chacun peut se faire son opinion et je les respecte toutes au risque de donner des leçons de neutralité citoyenne... j'écoute tous les élus, tous les habitants que je croise je lis beaucoup et me forge ainsi une opinion."

Autre grossier procédé d'enfumage des foules : vous écoutez tout le monde, vous respectez tout le monde. Nous vous rappelons que vous êtes élue du canton de Montech, lieu d'implantation potentiel d'une zone industrielle éolienne de grande envergure et que le respect consisterait à livrer aux électeurs-citoyens votre sentiment sur un projet qui les touche de très près. Vous êtes mandatée par les citoyens pour les informer et ils doivent connaitre votre position, c'est bien le minimum que vous leur devez.

"La politique ne permet pas tout et ce n'est pas à moi d'organiser une réunion publique... de quel droit ? Il existe une réglementation. Monsieur le Préfet l'applique et chacun peut donner son avis par le biais de l'enquête publique. Je vous y encourage... Quant à mon avis... quoique je dise, vous le déformerez. J'attends de voir si ma réponse sera publiée"

Tout élu responsable et attaché aux intérêts de ses administrés peut organiser quand il le souhaite un débat public ou encourager la publicité d'un tel projet. Vous n'êtes pas un quidam mais un représentant du peuple. Ne vous dissimulez pas derrière des motifs fallacieux. 

Votre réponse a été publiée in extenso et même deux fois. Il est donc vain de nous prêter (gratuitement) de mauvaises intentions. Vos prochaines interventions le seront également. 

Enfin, quant à déformer vos propos, il faut reconnaître que vous vous en chargez magnifiquement toute seule...  

lundi 9 octobre 2017

TARN-ET-GARONNE : LE BAL DES RESCAPÉES - Episode 1 : SYLVIA PINEL

(Un œil sur les législatives 2017 avant de passer à l'actualité) 

Sylvia Pinel pourra se féliciter longtemps de l'insondable bêtise électorale du FN, qui a trouvé le moyen, dans cette circonscription prête à basculer, de lui opposer l'un de ses plus glauques candidats, Romain Lopez, activiste pro-Iran (sic) officiellement soutenu par le théoricien antisémite Alain SoralAvec pour conséquence (parfaitement prévisible), dans le mois précédant l'élection, d'une avalanche de publications scandalisées dans la presse régionale, nationale et même... israélienne


La joie de Sylvia Pinel et de son suppléant, Jean-Luc Deprince

Seuls France 3 Midi-Pyrénées (Occitanie) et Le Petit Journal ont choisi de taire à leurs téléspectateurs et lecteurs les déclarations et autres sponsors lugubres de Lopez. Rappelons que, outre des articles documentés parus dans Libération, La Dépêche et Times of Israël, de hauts personnages du FN dénonçaient -publiquement - Lopez comme un "affreux du Front" déversant "depuis des années sa haine du juif "! Autant d'informations et de propos fracassants qui ne pouvaient échapper à un journaliste politique, même stagiaire. Mais ne voulant à aucun prix "faire le jeu" de Baylet et de son égérie, ces deux médias (surtout France 3 MP) ont pris le parti d'éclairer le candidat frontiste d'une douce lumière, comme dit Francis Cabrel...      


Romain Lopez chez Laurent Dubois - France 3 Occitanie

Malgré ce renfort médiatique (à rendre jaloux bien des ténors du FN), la venue de Marion et l'effondrement électoral de son adversaire Pinel (10000 voix perdues en 5 ans), Lopez a réussi le pitoyable exploit de ramener le FN, premier parti de la circonscription, sous son étiage législatif de 2012 en faisant fuir près de 4000 électeurs



Et maintenant ? Refoulé par les nouveaux députés frontistes qui ne souhaitaient pas endosser son indécente notoriété, l'ancien collaborateur parlementaire de Marion Le Pen a été discrètement recasé comme hôte d'accueil du groupe FN à la région Occitanie (où l'on semble beaucoup moins regardant sur le profil des impétrants). Côté politique aussi, Romain Lopez tente de survivre à ses échecs successifs. Élu nulle part, contraint de coller aux basques du conseiller municipal Patrice Charles (Moissac) dans les comices locaux, relégué à la gesticulation twitter, l'ex-espoir du FN (comme le présentait France 3 MP) va trouver le temps très long jusqu'aux prochaines échéances. D'autant que, pour y figurer en bonne place, il devra se faire prédateur dans son propre camp... 



Réunion du groupe FN  au Conseil régional. Dans le fond, Romain Lopez.


Quant à Mme Pinel, ex-ministre de Hollande, elle pourrait, à la faveur d'un remaniement, retrouver un portefeuille au sein du gouvernement Macron. Pour l'heure, elle est occupée à ressouder les Radicaux, ceux de gauche et les Valoisiens, pour en (re)faire une force politique certes d'appoint mais d'un appoint incontournable...

Quelque part donc, à force d'erreurs de casting et de copinage effrené, le FN a raté (une fois de plus) l'occasion de changer, toutes proportions gardées, l'histoire politique du pays. Et fatalement celle du Tarn-et-Garonne...  

A suivre : Le Bal des Rescapées - Episode 2 : Valérie Rabault



mercredi 8 février 2017

LES EMPLOIS "POLITIQUES" EN TARN-ET-GARONNE


L'affaire Fillon est l'occasion de jeter un petit coup d"oeil sur les emplois familiaux, amicaux ou "stratégiques" qui peuvent découler de l'exercice électoral ou politique. La plupart sont tout à fait légaux, d'autres tombent sous le coup de la loi et, nous allons le voir, notre département n'est pas en reste dans la discipline. 

Commençons en fanfare : "Beaucoup d'enfants d'élus travaillent au Conseil départemental". C'est le maire PRG de Beaumont-de-Lomagne, Jean-Luc Deprince, qui le dit (décembre 2016), en réponse aux déclarations assassines du président du Conseil départemental Christian Astruc au journal l'Obs ! Dont acte. 

La politique, vocation ou profession ?

Force est de constater que certains emplois rémunérés sur deniers publics sont des antichambres électorales. Au moins deux des candidats aux législatives de Tarn-et-Garonne, Mathieu Albugues (LR) et Romain Lopez (FN), ont bénéficié (ou bénéficient) de la rampe de lancement que constitue la fonction de collaborateur parlementaire :


  • Mathieu Albugues, chouchouté par Brigitte Barèges, a occupé diverses fonctions telles qu'assistant parlementaire, collaborateur du groupe UMP/Centre au Conseil régional ou encore chargé de communication à la mairie de Montauban avant son élection au Conseil départemental.


  • Son adversaire direct (battu à plates coutures) aux départementales 2015, le FN Romain Lopez, est l'un des trois assistants parlementaires de Marion Maréchal-Le Pen. Se proclamant antisystème, le jeune "espoir" du FN82 vit en réalité du...système honni.


  • Son aîné Patrice Charles, conseiller municipal FN de Moissac, a longtemps été assistant parlementaire. Aujourd'hui avocat, il plaide notamment pour le...FN. 



Parlement et conjoint 


Dans un autre registre, nous constatons qu' Yvon Collin, sénateur de gauche (RDSE) du Tarn-et-Garonne, emploie sa conjointe comme collaboratrice (voir sa déclaration officielle au Sénat). 

Députées de gauche...

Pour être complet, signalons que Sylvia Pinel, députée et ancienne ministre PRG, a débuté sa carrière politique comme chef du cabinet de Jean-Michel Baylet au Conseil général 82. Quant à la discrète socialiste Rabault, qui voulait mettre (avec François Hollande) la haute finance au pas, elle a passé plusieurs années dans une grande banque, salaires annuels à six chiffres ...

Emploi et tribunal

Enfin, deux figures importantes de la politique départementale, Brigitte Barèges, maire LR de Montauban et le susnommé Yvon Collin (divers gauche) ont affaire à la justice pour des motifs relatifs à... des emplois. Rappelons qu'ils sont présumés innocents. 



  • Le Parisien : Le sénateur Collin inquiété par la justice pour avoir "engagé le neveu d'une connaissance moyennant contrepartie". Son avocat n'est autre que Thierry Deville, adjoint de Brigitte Barèges à Montauban.


La politique, un monde tout petit et très bien verrouillé...

dimanche 15 janvier 2017

AMATEURISME POLITIQUE : LE FN82 EN POINTE

On se souvient, en esquissant un sourire (crispé), de l'impayable Dominique Reynié, politologue vedette de la télévision, expert hautain et omniscient, qui ignorait que la loi française impose à tout candidat d'être domicilié dans sa circonscription d'élection. Ce qui lui avait valu, outre les quolibets les plus divers, l'annulation de son élection au Conseil régional d'Occitanie quelques mois seulement après son installation...

Le FN82 n'est pas en reste. Tout à sa hâte de faire découvrir sa tête à la circonscription entière (et peut être même de forcer la main du destin), un candidat potentiel a distribué ou fait distribuer au moins 5000 "cartes de vœux" à son effigie, en sa qualité de secrétaire FN de la 2ème circonscription de Tarn-et-Garonne. Ce que constate Laurent Benayoun dans sa rubrique "indiscrétions" de la Dépêche du 15 janvier 2017.


Capture d'écran twitter - 6 janvier 2017


Mais jusque ici, rien que de très banal. Ce que La Dépêche n'a pas vu, c'est que ce tract à visée politique (les mauvaises langues diront électorale) et distribué sur la voie publique (voir photo ci-dessus) ne respecte aucune des obligations en vigueur

En effet, on a beau tourner et retourner cette "carte de vœux" à l'enseigne du FN, on n'y trouve aucune des mentions exigées par la loi. Or l'article 3 de la loi sur la liberté de la presse (lire ici) est formel : il interdit la distribution de tels documents sous peine de lourdes amendes... 

Qu'un postulant à l'Assemblée nationale méconnaisse à ce point les textes, voilà qui devrait sidérer l'électeur ! Et quand on sait que sa patronne Marion Le Pen confie à Lopez -c'est lui qui le dit-  la "rédaction de ses interventions à l'Assemblée", temple de la Loi, on est soudain saisi d'un vertige... 

Romain Lopez, nul ne l'ignore plus, est le candidat pré-investi par le FN pour la deuxième circonscription du Tarn-et-Garonne (voir articles Minute, France 3 Midi-Pyrénées, La Dépêche du Midi, etc) 

Reproduction du tract :