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mercredi 8 février 2017

LES EMPLOIS "POLITIQUES" EN TARN-ET-GARONNE


L'affaire Fillon est l'occasion de jeter un petit coup d"oeil sur les emplois familiaux, amicaux ou "stratégiques" qui peuvent découler de l'exercice électoral ou politique. La plupart sont tout à fait légaux, d'autres tombent sous le coup de la loi et, nous allons le voir, notre département n'est pas en reste dans la discipline. 

Commençons en fanfare : "Beaucoup d'enfants d'élus travaillent au Conseil départemental". C'est le maire PRG de Beaumont-de-Lomagne, Jean-Luc Deprince, qui le dit (décembre 2016), en réponse aux déclarations assassines du président du Conseil départemental Christian Astruc au journal l'Obs ! Dont acte. 

La politique, vocation ou profession ?

Force est de constater que certains emplois rémunérés sur deniers publics sont des antichambres électorales. Au moins deux des candidats aux législatives de Tarn-et-Garonne, Mathieu Albugues (LR) et Romain Lopez (FN), ont bénéficié (ou bénéficient) de la rampe de lancement que constitue la fonction de collaborateur parlementaire :


  • Mathieu Albugues, chouchouté par Brigitte Barèges, a occupé diverses fonctions telles qu'assistant parlementaire, collaborateur du groupe UMP/Centre au Conseil régional ou encore chargé de communication à la mairie de Montauban avant son élection au Conseil départemental.


  • Son adversaire direct (battu à plates coutures) aux départementales 2015, le FN Romain Lopez, est l'un des trois assistants parlementaires de Marion Maréchal-Le Pen. Se proclamant antisystème, le jeune "espoir" du FN82 vit en réalité du...système honni.


  • Son aîné Patrice Charles, conseiller municipal FN de Moissac, a longtemps été assistant parlementaire. Aujourd'hui avocat, il plaide notamment pour le...FN. 



Parlement et conjoint 


Dans un autre registre, nous constatons qu' Yvon Collin, sénateur de gauche (RDSE) du Tarn-et-Garonne, emploie sa conjointe comme collaboratrice (voir sa déclaration officielle au Sénat). 

Députées de gauche...

Pour être complet, signalons que Sylvia Pinel, députée et ancienne ministre PRG, a débuté sa carrière politique comme chef du cabinet de Jean-Michel Baylet au Conseil général 82. Quant à la discrète socialiste Rabault, qui voulait mettre (avec François Hollande) la haute finance au pas, elle a passé plusieurs années dans une grande banque, salaires annuels à six chiffres ...

Emploi et tribunal

Enfin, deux figures importantes de la politique départementale, Brigitte Barèges, maire LR de Montauban et le susnommé Yvon Collin (divers gauche) ont affaire à la justice pour des motifs relatifs à... des emplois. Rappelons qu'ils sont présumés innocents. 



  • Le Parisien : Le sénateur Collin inquiété par la justice pour avoir "engagé le neveu d'une connaissance moyennant contrepartie". Son avocat n'est autre que Thierry Deville, adjoint de Brigitte Barèges à Montauban.


La politique, un monde tout petit et très bien verrouillé...

mercredi 1 février 2017

FN82 : LE GRAND ABSENT DE CAUSSADE


La Dépêche du 30 janvier relate la visite en Tarn-et-Garonne de l'eurodéputé FN Gilles Lebreton*, venu promouvoir la candidature de Marine Le Pen devant une centaine de militants. Un événement d'importance pour le FN82 à quelques encablures des législatives : c'est l'endroit où tout candidat FN à la députation se devait de figurer et en bonne place.

Pourtant, si l'on en croit les photos de la réunion et les réseaux sociaux frontistes, nulle trace de Romain Lopez, assistant parlementaire de Marion Le Pen (une profession à la mode) et "pré-investi" dans la deuxième circonscription... 

Faut-il en conclure que Lopez, généralement friand de publicité, ne souhaitait pas voisiner avec le professeur Lebreton, proche de Marine ? A moins que ce ne soit l'inverse et que le "sulfureux" Lopez n'ait été prié de rester à la maison ? 

L'intéressé lui-même ne dit mot de sa "défection" tandis que La Dépêche fait mine de n'avoir pas remarqué la chaise désespérément vide de Romain Lopez...

* Gilles Lebreton n'est pas le premier venu. Professeur de droit public, il est membre du "Conseil stratégique" de Marine Le Pen pour les élections présidentielles 2017. 




jeudi 19 janvier 2017

QUAND LA DÉPÊCHE DU MIDI "DÉCOUVRE" ALAIN SORAL


L'édition du 15 janvier 2017 de la Dépêche du Midi (DDM) consacre un article d'importance à une proche d'Alain Soral, l'historienne Marion Sigaud, "entartée" par des "citoyens inquiets" à Espinas, un bourg du Tarn-et-Garonne où elle était venue donner une conférence.



Rapportant les faits, le journaliste de La Dépêche en profite pour dénoncer (à juste titre) les thèses de Soral, caractérisées par l'antisémitisme le plus brutal et partant, une affection très appuyée pour certains des régimes les plus tyranniques, en premier lieu l'Iran, ennemi juré d'Israël.   



Il se trouve que le traitement de cet événement contraste fortement avec celui, beaucoup plus discret, que la DDM réserve à Romain Lopez, candidat du FN 82 dans le fief de Sylvia Pinel, dont l'adhésion à la "philosophie" de Soral est publiquement revendiquée. Son tweet explosif "Ni journalistes, ni Juifs" adressé à... Soral lui-même a fait le tour de France de la Toile et il a été publié et/ou dénoncé par des confrères de la DDM, des sites de lutte contre l'antisémitisme ou encore... des cadres du FN. Pourtant, il semble avoir échappé à la perspicacité du quotidien régional.


A l'évidence, la DDM rechigne à clouer le soralien Romain Lopez au pilori. Non que le journal se soit mué du jour au lendemain en officine complotiste. Mais il a quelques bonnes raisons de retenir encore quelques jours (ou semaines) son bras vengeur. Disons jusqu'à l'investiture officielle de l’intéressé. 

Car le premier et principal danger qui menace Sylvia Pinel, députée PRG sortante, c'est le FN, qui a battu (en voix) la gauche aux dernières régionales dans cette circonscription (et surclassé la droite). Mais cette menace s'affaiblit considérablement si le Front présente une caricature juvénile, et par surcroît très bavarde, de Jean-Marie Le Pen (dont Soral a été par le passé le conseiller "spécial").

Il est de bonne guerre de ne pas dissuader son adversaire politique de promouvoir le plus mauvais candidat*. En vertu de cet axiome, la DDM de Jean-Michel Baylet, naturellement au service de Sylvia Pinel, se fait la moins éloquente possible au sujet de Lopez (soyons justes, pas totalement muette). Il ne faudrait pas trop inquiéter les étages supérieurs du FN avant l'investiture définitive du poulain endiablé de Marion...

Ce jour-là, la DDM sera intraitable avec l'extrême droite du Tarn-et-Garonne, admiratrice de Soral et Dieudonné ...

*Le profil "particulier" de Romain Lopez a  permis à Mathieu Albugues d'être le conseiller départemental  le mieux élu du Tarn-et-Garonne en 2015, bénéficiant d'un très puissant "front républicain".  




lundi 16 janvier 2017

LÉGISLATIVES 2017 : LE CHOIX DE MARDEGAN

La mission était simple pour les centristes du Tarn-et-Garonne : obtenir des autorités LR (dont la patronne du département Brigitte Barèges) qu'elles retirent leur candidat de la seconde circonscription pour laisser le champ libre à Pierre Mardegan (UDI). Mission simple mais impossible. 

Arrivé en politique (et au Conseil départemental) au bras de la patronne de LR, Pierre Mardegan s'est rapidement émancipé de sa bouillante préceptrice pour former avec le président Astruc une majorité tranquille, sans Baylet ni... Barèges (BB).


Photo Flash 82 - Campagne des Départementales 2015

Aujourd'hui, il considère (et sans doute à juste titre) avoir toute légitimité pour représenter les électeurs qui ont renvoyé la gauche baleytiste à ses études tout en refusant (et comment !) de donner une quelconque majorité à l'hétéroclite "droite" de BB. Ce n'est évidemment pas ce que pensent Les Républicains qui espèrent, à la faveur d'une victoire de Fillon, un grand chelem en Tarn-et-Garonne. Bien sur, il était hors de question pour BB de laisser le moindre espace officiel à son ex-équipier "coupable" de haute trahison et elle n'a sans doute pas ménagé ses efforts.

Pour corser l'affaire, Mathieu Albugues, le louveteau de LR, élevé sous la mère de Montauban, avait habilement anticipé la décision définitive d'investiture en annonçant sa candidature aux législatives en novembre, laissant dès avant la course le novice Mardegan à quelques longueurs et dans l'obligation de forcer le passage... 

En conséquence, et sauf miracle, le docteur Mardegan devra soit ravaler ses ambitions, soit jouer en franc-tireur, au risque de devenir le vilain canard qui aura fait trébucher la droite départementale en 2017, un fardeau encombrant pour qui débute sa carrière politique.

Toutefois, BB ne serait pas fâchée que Pierre Mardegan, par dépit, défi ou esprit de rétorsion, monte au créneau. Car, si elle échouait dans sa propre circonscription, BB pourrait se réveiller un matin de juin 2017 sous l'autorité politique de... son ex-employé à la mairie de Montauban. Argggghhhh.

dimanche 15 janvier 2017

AMATEURISME POLITIQUE : LE FN82 EN POINTE

On se souvient, en esquissant un sourire (crispé), de l'impayable Dominique Reynié, politologue vedette de la télévision, expert hautain et omniscient, qui ignorait que la loi française impose à tout candidat d'être domicilié dans sa circonscription d'élection. Ce qui lui avait valu, outre les quolibets les plus divers, l'annulation de son élection au Conseil régional d'Occitanie quelques mois seulement après son installation...

Le FN82 n'est pas en reste. Tout à sa hâte de faire découvrir sa tête à la circonscription entière (et peut être même de forcer la main du destin), un candidat potentiel a distribué ou fait distribuer au moins 5000 "cartes de vœux" à son effigie, en sa qualité de secrétaire FN de la 2ème circonscription de Tarn-et-Garonne. Ce que constate Laurent Benayoun dans sa rubrique "indiscrétions" de la Dépêche du 15 janvier 2017.


Capture d'écran twitter - 6 janvier 2017


Mais jusque ici, rien que de très banal. Ce que La Dépêche n'a pas vu, c'est que ce tract à visée politique (les mauvaises langues diront électorale) et distribué sur la voie publique (voir photo ci-dessus) ne respecte aucune des obligations en vigueur

En effet, on a beau tourner et retourner cette "carte de vœux" à l'enseigne du FN, on n'y trouve aucune des mentions exigées par la loi. Or l'article 3 de la loi sur la liberté de la presse (lire ici) est formel : il interdit la distribution de tels documents sous peine de lourdes amendes... 

Qu'un postulant à l'Assemblée nationale méconnaisse à ce point les textes, voilà qui devrait sidérer l'électeur ! Et quand on sait que sa patronne Marion Le Pen confie à Lopez -c'est lui qui le dit-  la "rédaction de ses interventions à l'Assemblée", temple de la Loi, on est soudain saisi d'un vertige... 

Romain Lopez, nul ne l'ignore plus, est le candidat pré-investi par le FN pour la deuxième circonscription du Tarn-et-Garonne (voir articles Minute, France 3 Midi-Pyrénées, La Dépêche du Midi, etc) 

Reproduction du tract :